Sapa 2017

Vendredi 4 Août 2017

Je suis partie à Sapa par le bus Sapa express à 6h45. Lever 5h du matin – arrivée fin de matinée avec quelques arrêts où je me suis régalée de noix de coco et d’esquimaux au chocolat. Les deux adorables jeunes femmes ont voulu poser avec moi, je ne sais pas pourquoi mais les ethnies du nord adorent se faire photographier en ma compagnie et c’est demandé si gentiment que je ne refuse jamais. La fièvre était encore présente avec les douleurs aux reins mais je me suis faite violence pour apprécier la chance que j’avais que de retourner dans cet endroit merveilleux. Il y a deux ans, j’avais pris le train de nuit pour une arrivée à 6h mais la climatisation pôle nord m’avait octroyé une grosse sinusite ce que j’ai refusé de vivre cette année pour n’avoir que le décalage horaire de pénalisant. Comme je m’étais organisée par avance, j’avais fait le choix du bus eu égard à tous les bagages de dons mais comme vous le savez, seules ma petite valise de cabine et la chaise roulante m’ont accompagné durant ce trajet comme Air France m’avait tout perdu. Comme vous le constatez, je porte mes vêtements de la veille. J’ai adoré voyager en bus car chaque paysage m’emmenait vers Sapa. Mais, je vous conseille le train si vous souhaitez profiter pleinement de vos journées.

Dès que j’ai commencé à voir les montagnes et à grimper en altitude, j’ai commencé à apercevoir les enfants au bord des routes. Des mamans aussi et là, j’ai commencé à avoir les larmes qui me montaient aux yeux devant leurs états de pauvreté. Les enfants étaient souvent nus ou à moitié, avec des vêtements aux couleurs défraichies, sales, noirs,  quand ils en portaient. les mamans, beaucoup de Dao Red aux vêtements usés, vendaient leurs diverses petites marchandises au bord des routes,  tenant parfois leurs bébés dans leurs bras, respirant les pots d’échappement de tous les bus et voitures se rendant à Sapa qui passaient devant eux. C’est toujours très émouvant de constater cela. J’ai eu ce sentiment que j’étais la seule à ressentir cette peine de voir ceci, les autres voyageurs n’étant sensibles qu’au sublime paysage. Bien sûr, tout comme eux, j’étais aussi très heureuse d’arriver dans cet endroit de paix et de joie, dans cet endroit du bout du monde, vallonné, aux couleurs de jaune, de vert, au milieu des rizières, des pins, des bambous.. Mais, j’ai tant attendu avec tant d’ impatience de me retrouver avec des gens enfin normaux mais surtout simples, je pense que là, dans ces instants,  j’ai encore pris plus conscience de l’état de pauvreté et à peine arrivée, j’avais hâte de les aider même avec peu.

Sapa la magnifique, me voilà, c’est comme cela que je l’appelle. A l’entrée de Sapa, en bus, j’ai ressenti comme un soulagement d’être arrivée là où je devais être,  j’ai commencé à voir tout ce qui était différent d’ici, en France,  et j’ai commencé à revivre. Ca y est, j’étais dans l’authenticité des petits bonheurs simples.. La petite ville ressemble à une petite station de ski colorée par les ethnies,vivante par tout ce bruit (moins qu’à Hanoï), les petites échoppes et boutiques, les restaurants qui vous entourent de leurs odeurs appétissantes, tous pleins d’immeubles et hôtels de différentes tailles du plus simple au plus majestueux, certains donnant sur la splendide chaine de montagnes, d’autres sur les rues bruyantes de vie, d’autres prenant formes, et des futures constructions avec des trous énormes, Sapa grandit en tourisme, Sapa a déjà changé en deux années mais la petite église est toujours là, les motos pétaradent, les H’ Mongs et les Dao sont toujours assises sur le rebord du mur du petit stade central tenant leurs bébés dans les bras ou les portant sur leur dos, les petites filles aussi sont là, portant leur petite soeur ou petit frère sur le dos, je constatais à présent que les grands frères faisaient la même chose,  les hommes souvent en groupe, attendant les touristes pour un motobike ou simplement pour discuter, les petites motos avec papa maman et le bébé dessus et parfois plus…… les ethnies, assises à même le sol pour vendre leurs marchandises alléchantes…

En attendant ma petite navette jusqu’à l’hôtel, eh oui, je devais être aidée pour les bagages, je ne pouvais normalement pas tout trimballé, j’ai commencé à distribuer les petits chevaux et bonbons de Jocelyne. Je n’ai franchement pas pu attendre, j’avais ce besoin de faire plaisir aux enfants même avec peu, je le dis bien souvent, c’est l’intention qui compte. A Sapa, les enfants pauvres, les mamans H’mongs attendent les cars de touristes aux arrêts pour essayer de vendre dès leur arrivée, des babioles souvent très jolies -pour manger et nourrir leur famille-. Il faut toujours rester courtois même si cela vous agace, ne pas faire comme ces touristes qui se prennent pour les maitres du monde et les considèrent comme des rien ou des parasites. Je les comprends tant ces gens, je sais ce que ça fait quand on a faim et quand on a rien.. Il faut savoir leur sourire, être calme et poli, être humain tout simplement, respecter… j’insiste sur cela parce que j’ai assisté à des comportements honteux. Ils ne méritent pas d’être pris pour des riens et vous constaterez mes dires quand vous les verrez sourire au fil des jours.

Je suis arrivée à Sapa pour 11 jours environ d’actions humanitaires sans savoir par quoi, par qui, j’allais commencer. Je savais à peu près où je voulais aller, où je dormais (enfin parfois !). J’avais juste réservé un nouvel hôtel donnant sur la chaine des montagnes parce qu’il était beau dans le paysage que j’avais constaté sur booking pour les 3 premières nuits et pour avoir des repères de lieux pour faire des actions dans le nord de la petite ville, dans les montagnes mais aussi je devais aller à Bac Ha à 2h30 de route, le dimanche au marché pour acheter des dons aux enfants du sud de Sapa, (ce que je n’ai pas fait car c’était plutôt juste de la nourriture et des souvenirs pour touristes qu’il y avait !) Cet hôtel m’a beaucoup apaisé parce que j’avais ce besoin de respirer la simplicité et l’émerveillement, de voir de la pureté sous mes yeux chaque matin quand je tirais les rideaux et même s’il a beaucoup plu durant les 3 jours suivants et que le brouillard sévissait j’ai eu droit à un matin magnifique plein de soleil et c’était grandiose.

Le lundi, j’avais prévu de dormir dans le village de Ta Phin à 17 kms de Sapa, j’avais repéré cette adresse sur le net et malgré mon dossier explicatif, je n’ai pu m’y rendre pour les deux nuits parce que la Dao red ne m’a jamais contacté alors je suis restée deux nuits à l’hôtel Vista dans une autre chambre donnant sur les montagnes et cela m’a permis de faire des actions dans les villages de Ma tra et Ta Phin mais aussi Sin Chai.

Mes actions faites dans le nord de sapa, je suis allée ensuite le mardi chez l’habitant à Ta Van en bas de Sapa au milieu des plaines et les rizières.

En attendant dès mon arrivée à l’hôtel, j’avais hâte de prendre mon premier bébé dans les bras.. Le passeport remis, un petit tour dans ma belle chambre avec vue sur la montagne, je suis redescendue. Et cela a été facile d’en trouver un avec sa petite maman car il y avait pas mal de H’Mongs devant l’hôtel. Ce premier accueil m’a donné beaucoup de joie, voici mon premier bébé H,Mong qui a reçu un petit cadeau de Jocelyne.. N’est-elle pas jolie cette petite fille habillée en garçon ?

Le temps de me changer avec le peu que j’avais dans ma valise de cabine, je suis allée dans le centre de Sapa. La fièvre et les douleurs de la Pyélonéphrite ne m’arrêtent pas, je suis forte, je le sais. J’ai attendu ces moments et je veux de suite me replonger dans cette ambiance magique, marchant et admirant chaque détail, regardant sans en perdre une miette, chaque H’Mong, chaque Dao red, chaque visage, chaque geste, humant les profondes odeurs par ci par là.. photographiant un peu de tout mais surtout les mamans et leurs enfants, les jeunes filles, les pauvres. Ces ethnies sont si merveilleuses et bien qu’elles soient sauvages aux premiers abords, si vous leur souriez, elles vous rendent votre sourire, si vous leur parlez gentiment, elles sont adorables avec vous. J’ai distribué des bonbons, des crayons, des cadeaux de Jocelyne. Regardez ces beaux visages parfois usés par la dureté de la vie, ils sont purs de tout jalousie et d’envie, ils sont vrais. Je me suis assise un instant avec des petites mamans et leurs bébés souvent nus et ça a été un doux plaisir. Je reste persuadée que beaucoup de gens ne peuvent prendre un bébé nu sur eux de peur qu’il les salisse et pourtant quoi de plus naturel et vrai mais surtout spontané ? Je n’ai vu personne autour de moi faire cela prendre un moment pour parler, échanger, rire, sourire, partager, donner.. Je suis donc une privilégiée d’être acceptée de suite par tout ce beau petit monde. Je crois que c’est cela être humble.

En continuant mon chemin sur la place et dans les rues, j’ai rencontré des enfants, des mamans, des grand-mères d’ethnies différentes et tous ont bénéficié des cadeaux de Jocelyne et Marlène (bonbons, crayons, accessoires de cheveux, échantillons de parfum).

Regardez comme ils sont beaux.  Le sourire merveilleux de cette mamy de l’ethnie Dao red, un pur bonheur. Merci pour eux.