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Mes actions 2015 au Vietnam sont dédiées à notre regretté Maire de Toulouse et Défenseur de Droits, Monsieur Dominique Baudis.

Dominique Baudis est décédé le 10 Avril 2014, 4 jours avant son anniversaire. Il aurait eu 67 ans.  Il était un journaliste, écrivain et homme politique français. Il a notamment été journaliste de télévision, puis Maire de Toulouse durant des années prenant la suite de son papa, Député, Président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, Député européen puis Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et Défenseur des droits.

Quand il est décédé, il y a eu beaucoup de chagrin, de tristesse sincère, il était très aimé dans sa ville. J’ai été très choquée par cet évènement. Personne ne l’oubliera.

Certains ne comprendront pas les raisons, qu’importe, mais cette belle histoire vous fera les découvrir avec tout le respect que je lui porte.

Je sais que ces actions lui auraient fait très plaisir et je suis certaine que là où il se trouve, il m’aide comme il l’avait dit. J’ai beaucoup réfléchi avant de divulguer ces faits mais par conscience, par reconnaissance, par respect, je me dois de les citer et tant pis si certaines personnes jugent cela loufoque, risible ou irréel. Je ne suis que dans l’intention de le remercier avec une grande humilité et il appréciera, j’en suis certaine.

Dans les années 70, certaines aimaient Mike Brant, Claude François, pour ma part, maman et moi-même, nous étions toujours devant le journal télévisé afin de voir Dominique, à l’époque, grand reporter. Il dégageait déjà de cet homme, un charisme qu’il gardera à vie. J’avais dans les 13 ans à l’époque et nous ne l’avons jamais oublié.

Rien ne laissait présager qu’un jour, je vivrai à Toulouse. En 1982 j’étais encore à Dakar au Sénégal, mon papa étant Attaché d’Ambassade à l’Ambassade de France, nous vivions dans un grand appartement juste en-dessous de celui de la secrétaire de Jacques Chirac, Paulette.  Dans ce beau pays,  j’y ai rencontré mon mari, à 20 ans, Médecin Aspirant qui faisait son service militaire. Je suis arrivée à Toulouse en 1983 et quand nous avons souhaité nous marier, Paulette a demandé à ce que Dominique nous marie à la Mairie du Capitole. Malheureusement, ce jour-là, Dominique n’a pas pu se libérer.

Mon mari étant de confession israélite, je pratiquais en bonne catholique, le Yom Kippour. C’est là que je l’ai vu la première fois. Lors des prières, les hommes sont en bas, les femmes en haut. J’avais passé la journée à jeuner et il me tardait de diner et de revoir mon mari. J’attendais mon mari devant la grande porte de la salle d’en bas quand celle-ci s’est ouverte, devant moi, il y avait Dominique.. Il a levé la main et disant « Stop » à ceux qui le suivaient et il m’a dit « Bonjour, Mademoiselle » à voix haute avec son beau sourire. Je me suis retournée et il n’y avait personne, c’était donc bien à moi qu’il s’adressait.

Je l’ai revu souvent dans diverses manifestations. Je l’ai vu aussi dans les années 97 ou 98 au défilé du 14 Juillet, et là, il est venu aussi me dire bonjour avec une grande simplicité alors que j’étais assise sur le trottoir.

Les années ont défilé et un jour, alors que je me trouvais dans la boutique de mes parents et que je mangeais goulument une tarte Julie, il apparaissait soudainement sur le pas de la porte d’entrée toujours avec son « bonjour » et son beau sourire plein d’humanité mais cette fois-ci c’était « Madame » !…

Alors, je suis venue vers lui et nous avons discuté, il me disait être venu pour dire bonjour à ses Toulousains de la Place Saint-Georges (ses mots) pendant que ses enfants faisaient du manège car il l’aimait les y emmener et que discuter lui rappelait le bon vieux temps…. C’est ainsi que je lui ai remémoré les STOP et puis son absence à mon mariage… Mais, je me suis rattrapée de mes reproches en le faisant rire « Ouf, Monsieur, heureusement que vous ne l’avez pas célébré car j’ai divorcé depuis…. Votre absence ne m’a pas porté bonheur! »….
Et je me souviens que nous avons bien ri… Dominique s’exprimait avec un grand calme, une grande humanité, une classe si rare chez un homme, toujours propre sur lui, raffiné et ses yeux toujours si beaux, si bleus malgré les années, beaucoup d’éloquence et de culture, il était passionnant.

Il venait souvent et nous partagions de bons moments dans une grande simplicité.

Un jour, je l’ai trouvé très fatigué et je lui en ai fait part. Il m’a répondu être très fatigué par l’injustice qu’il vivait et que cela le faisait souffrir au niveau de l’estomac.

Je ne l’ai plus jamais revu par la suite.

Mais, si j’écris cela, c’est tout simplement que je dois vous dire que Monsieur Dominique Baudis a toujours été très respectueux à mon égard, jamais un mot déplacé, jamais une quelconque allusion,  toujours discret et posé, dans la douceur, la culture et l’intelligence, aimant ses enfants et le disant et Dieu si j’étais belle à cette époque sans vouloir m’en vanter ! Jamais, il n’y a eu de situations malheureuses bien qu’il me fit un compliment en tout bien tout honneur.
Je tenais sincèrement à le dire haut et fort. C’est lui rendre justice et je suis fière de faire cela. Dominique était une personne avec une belle âme qui s’intéressait aux petites personnes sans intérêt tout ceci dans le bonheur de partager une conversation même simple. Il a fait de Toulouse, suite à son papa qu’il a rejoint, notre belle ville Rose, O Toulouse comme murmurait Claude Nougaro.. Dominique restera toujours dans le coeur des Toulousains.. Pour nous, Toulouse porte le nom des Baudis.. Une famille aimée par nous toutes et nous tous…

J’ai cueilli des roses, les plus belles dans le jardin de mes parents et je suis allée au Capitole, là où le cercueil était exposé, fermé, pour un dernier recueillement. Je n’ai pas eu le droit de déposer devant celui-ci, mes roses.. Il a été demandé à ce qu’elles soient déposées sous les arcades. Je les ai mises au milieu de bien d’autres fleurs, témoignages émouvant de beaucoup de personnes. C’est alors, que des photographes m’ont pris en photo et je n’ai pas vraiment aimé car je souhaitais être discrète comme à mon habitude. Puis, je suis sortie du Capitole pour aller pleurer à chaudes larmes tant j’étais émue. Je suis revenue mettre un mot sur un cahier.

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Je me suis rendue à l’Eglise Saint-Etienne pour un dernier au revoir et pour tout le respect que je lui portais. J’ai assisté à la messe où il y avait beaucoup de monde. C’était dur, émouvant.

Quand je suis revenue au magasin, j’ai voulu ré entendre le discours du prêtre qui était magnifique et en tapant sur mon téléphone, j’ai vu une photo de moi déposant des fleurs.

Pour tout cela, Dominique mérite sincèrement d’être à la Une de nos actions 2015. Merci à lui pour tous les encouragements qu’il m’a donnés pour réaliser celles-ci.

Merci également au Maire actuel de Toulouse  Jean-Luc Moudenc.